Fédération Nationale des Centres Mémoire de Ressources et de Recherche

DIAGNOSTIC ET PRISE EN CHARGE DE LA MALADIE D’ALZHEIMER ET DES PATHOLOGIES APPARENTEES : RECOMMANDATIONS FEVRIER 2012

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8. Interventions non médicamenteuses

Le programme de formation sur la prise en charge des SPCD, de l’ Association Psychogériatrique Internationale (IPA) rappelle les éléments suivants :

Les prises en charge non pharmacologiques ont les objectifs principaux suivants

  • Assurer la sécurité du patient et/ou de son entourage
  • Maintenir le niveau le plus bas possible de stress pour le patient et/ou son entourage
  • Respecter la dignité et la volonté du patient

Les moyens

  • Intervention sur l'environnement (spatial/temporel/rythmes)
  • Approches comportementales
  • Approches de stimulation cognitive
  • Approches récréatives et sociales
  • Approches psychothérapeutiques

Stratégie générale d'intervention :

  • Identifier le(s) comportement(s) problème(s)
  • Traiter un seul comportement problème à la fois (hiérarchiser les priorités)
  • Documenter le comportement problème
  • Évaluation multidisciplinaire et en équipe
  • Documenter des stratégies de réponses testées implicitement par certains membres de l’équipe
  • Établir un plan de traitement / d’amélioration du comportement
    • réaliste / progressif / pas de résultat spectaculaire attendu (temps++)
    • qui s’appuie sur les capacités résiduelles
    • établi sur la base de l’évaluation initiale et sur laquelle se dégage un consensus
    • prévoir les alternatives en cas d’inefficacité / efficacité insuffisante
  • Réévaluer et modifier le plan de traitement en continu en fonction de l’évolution.

Plusieurs interventions non pharmacologiques sont envisageables (Livingston et al, 2005).

Elles sont, tant en ambulatoire qu’en institution, un élément important de la prise en charge thérapeutique. Cependant, aucune de ces interventions n’a apporté la preuve de son efficacité du fait de difficultés méthodologiques. Elles doivent être dans tous les cas réalisées par un personnel formé et s’inscrire dans le cadre d’un projet de soins, et le cas échéant d’un projet d’établissement. Elles ne peuvent s'élaborer pour le patient à domicile qu’au décours d'une prise en charge médicale suffisante, efficacement relayée par les structures sociales compétentes.

8.1 Interventions portant sur la qualité de vie

La qualité de vie est conditionnée par un confort physique et psychique, ainsi qu’un environnement adapté. Cela nécessite des aides à domicile et un ratio soignant en institution suffisants. La formation du personnel intervenant auprès de ces patients est essentielle.

8.2 Prise en charge orthophonique

Cette prise en charge vise à maintenir et à adapter les fonctions de communication du patient (langage, parole et autres) et à aider la famille et les soignants à adapter leur comportement aux difficultés du malade. L’objectif principal est de continuer à communiquer avec lui, afin de prévenir d’éventuels troubles du comportement réactionnels. Elle peut être prescrite à différents stades de la maladie, l’approche thérapeutique devant être évolutive et s’adapter aux troubles du patient, à son comportement, à sa motivation, à son histoire personnelle et aux possibilités de coopération avec l’entourage.

La prise en charge orthophonique est recommandée dans les maladies avec atteinte du langage au premier plan (démence sémantique, aphasie primaire progressive).

La prise en charge orthophonique concerne également les troubles de la déglutition.

8.3 Interventions portant sur la cognition

La stimulation cognitive est une intervention cognitivo-psycho-sociale écologique (en rapport avec les situations de la vie quotidienne). Les activités proposées sont des mises en situation ou simulations de situations vécues (trajet dans le quartier, toilette, téléphone, etc.). Elle peut être proposée aux différents stades de la maladie d’Alzheimer et adaptée aux troubles du patient. Son objectif est de ralentir la perte d’autonomie dans les activités de vie quotidienne. Le programme comprend un volet pour les patients et un pour les aidants. La prise en charge initiée par les psychologues, psychomotriciens ou orthophonistes formés est prolongée par les aidants, à domicile ou en institution.

La stimulation cognitive doit être différenciée des séances d’animation, d’ateliers mémoire ou autres à visée occupationnelle. La revalidation cognitive est une méthode de rééducation neuropsychologique visant à compenser un processus cognitif déficient. Elle peut être proposée aux stades légers de la maladie d’Alzheimer et jusqu’aux stades modérés dans certains troubles dégénératifs focaux. Elle ne se conçoit qu’individuellement. Cette prise en charge ne peut être réalisée que par un personnel spécialisé.

8.4 Interventions portant sur l’activité motrice

Au regard de multiples données de la littérature, l’exercice physique (et notamment la marche) devrait avoir un effet positif non seulement sur les capacités physiques et la prévention du risque de chutes, mais aussi sur certaines mesures cognitives d’aptitudes fonctionnelles et certains aspects du comportement. L’intervention de kinésithérapeutes, de psychomotriciens et d’ergothérapeutes peut être sollicitée.

8.5 Interventions portant sur le comportement

Les symptômes non cognitifs entraînent une détresse significative ou des comportements à risque. Ils doivent faire l’objet d’une analyse afin d’identifier les facteurs qui peuvent générer, aggraver ou améliorer de tels comportements. Cette évaluation doit inclure :

  • l’état physique du patient,
  • la dépression,
  • les douleurs, la biographie individuelle, les facteurs psychosociaux, les facteurs environnementaux physiques, l’analyse fonctionnelle et des comportements.
  • la dépression,
  • les douleurs, la biographie individuelle, les facteurs psychosociaux, les facteurs environnementaux physiques, l’analyse fonctionnelle et des comportements.

L’efficacité de ces techniques est variable selon le symptôme cible et plus importante quand elles sont appliquées individuellement (Brodaty et al, 2011).

On peut citer à titre d’exemple la musicothérapie, l’aromathérapie, la stimulation multisensorielle, la rééducation de l’orientation, la reminescence therapy, la thérapie assistée d’animaux, les massages, la thérapie de présence simulée (vidéo familiale) et la luminothérapie pourraient améliorer certains aspects du comportement.

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Aussi bien dans le domaine des comportements que des cognitions, l’action attendue des techniques utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication doit être validée par des études scientifiques.


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