Fédération Nationale des Centres Mémoire de Ressources et de Recherche

DIAGNOSTIC ET PRISE EN CHARGE DE LA MALADIE D’ALZHEIMER ET DES PATHOLOGIES APPARENTEES : RECOMMANDATIONS FEVRIER 2012

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9. Interventions portant sur le fardeau de vie et programme d’éducation et de soutien des aidants (familiaux et professionnels)

Il est recommandé que les aidants, familiaux comme les professionnels, reçoivent une information sur la maladie, sa prise en charge et sur l’existence d’associations de familles.

Outre les différents types d’aide à domicile et les mesures sociales qui permettent d’y accéder, un choix d’interventions doit être proposé aux aidants :

  • psychoéducation individuelle ou en groupe,
  • groupe de soutien avec d’autres aidants, adaptés à leur besoin, dépendant entre autres de la sévérité de la démence,
  • support téléphonique ou par Internet,
  • cours de formation sur la démence, les services, la communication et la résolution des problèmes,
  • thérapie familiale.

Ces interventions peuvent être proposées par les associations de familles, les plateformes d’accompagnement et de répit spécifiquement dédiées à cela, les CLIC, les accueils de jour, les réseaux, etc. Les aidants qui présentent une souffrance psychologique doivent bénéficier d’une prise en charge spécifique. La souffrance psychologique de l’aidant et son isolement sont des facteurs de risque de maltraitance du patient. Des structures d’accueil de jour ou d’hébergement temporaire permettent de soulager les aidants en tenant compte de leur souhait et en proposant un accompagnement dans la réalisation de cette démarche.

En situation d’urgence comportementale chez un patient souffrant primitivement d’une pathologie cognitive, il n’y a pas de réponse institutionnelle spécifique, en particulier par rapport aux questions de refus de soin ou d’hospitalisation sous la contrainte.

Critères d’hospitalisation

En cas de nécessité, une hospitalisation est à envisager dans un service adapté (UCC, court séjour gériatrique, neurologie, psychiatrie générale ou géronto-psychiatrie) pouvant garantir la sécurité du patient et l'accès à un plateau technique. Privilégier les admissions directes, éventuellement à la suite d’une consultation (pour les patients non connus) pour juger de l’orientation la plus adaptée et limiter autant que possible le passage par le service des urgences (sauf impossibilité d'hospitalisation directe dans un délai correct ou mise en jeu du pronostic vital).

Les critères d’admission en UCC varient selon les contextes locaux mais peuvent être les suivants :

  • Patient avec diagnostic de maladie d’Alzheimer ou de syndrome apparenté établi
  • sans pathologie associée décompensée, ni soin d’escarres, ni nécessité d’isolement (infection)
  • sans nécessité d’examens complémentaires avec déplacements itératifs
  • et plus particulièrement quand les premières mesures non médicamenteuses et médicamenteuses ont été inefficaces ou impossibles à mettre en place.

L'absence de consentement aux soins et la dangerosité pour soi ou pour autrui peut justifier d'une "admission en soins psychiatriques sous contraintes", conformément aux dispositions de la loi du 5 juillet 2011 relative aux "droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge". Il conviendra en cas d'hospitalisation en milieu psychiatrique, de s'assurer de l'accessibilité au plateau technique et aux compétences gériatriques et neurologiques.


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